Avertir le modérateur

mercredi, 16 septembre 2015

Guillaume Burel, qui êtes-vous ?

burelGuillaume Burel a lancé voici peu QualiCycle, une enquête nationale sur le vélo qui a rencontré un grand succès. Mais, encore inconnu du petit monde du vélo, il est normal que l’on s’interroge sur ses intentions.

En voici un portrait, suivi d'un premier bilan des réponses au questionnaire. (Publié le 12 avril 2012.)


Guillaume Burel est un gars de Maisons-Laffitte, la célèbre cité hippique de l’ouest parisien. Il a fait des études supérieures, mais il a passé son enfance dans l’atelier de ses parents, « Petitpas », selliers, c’est-à-dire fabricants de selles, casques et cravaches.

C’est dans cette ambiance familiale, en compagnie des 4 ouvriers, burelque le jeune Guillaume a appris à découper le cuir au plus juste, le coudre, le teindre … une éducation dans l’amour du travail bien fait, du labeur qui a du sens, et aussi … dans l’amour des belles pièces en cuir. (*)

De ses années de fac d’économie à Nanterre, dont il retient autant le formidable mélange des classes et des opinions que la qualité de certains enseignants, il sort tituaire d’un DESS ultra-pointu en économétrie, obtenu tout en gagnant sa croûte. Un stage au Japon en salle de marché, et le voici entamant une carrière professionnelle brillante et décevante à la fois.

Une belle situation ...
Carrière brillante, car il fut tour à tour spécialiste des statistiques à la COREF (un bureau d’études dépendant de la caisse des Dépôts), responsable des fichiers clients, des statistiques et des ciblages commerciaux au GAN, consultant en stratégie chez Cap Gemini Ernst & Young, directeur du marketing du groupe le Printemps, avec une équipe de 15 personnes sous ses ordres.

Décevante, pourquoi ? Parce que, alors qu’il avait choisi la fac (et non une grande école) par idéal républicain, il se retrouvait dans un monde où le sens du travail bien fait passait bien après le rendement financier et où les personnes n’étaient que des pions jetables. Il se retrouvait à travailler comme un damné, sans plus savoir ni pourquoi ni pour qui. A 40 ans et une dernière expérience de directeur marketing et commercial, responsable d’une équipe de 50 personnes chez Deloitte, très bien payé tient-il à préciser, il décide qu’il va arrêter.

Qui est heureux aujourd'hui ?
Guillaume Burel vit en famille à Saint-Germain-en-Laye, quartier du Bel-Air, a 3 jeunes enfants, et se trouve à la moitié de sa vie professionnelle. Allait-il continuer à brasser du ponion pour autrui ou allait-il tenter de faire quelquechose d’utile ?

Dans la société d’aujourd’hui, presque tout le monde souffre. Le travail a perdu tout sens, le respect et le compagnonage ont disparu, le stress devient effrayant, le dédain et le mépris sont la règle. Qui est heureux, se demande G. Burel.

Il se trouve que la chance allait passer par là. Son dos manque de voler en éclat suite à divers problèmes et accidents. Son médecin lui ordonne de faire de la natation ou du vélo.

Avec un voisin, il s’essaie prudemment au vélo en forêt… et là le miracle habituel se produit. Son dos se redresse, il retrouve son poids normal, il n’est plus fatigué, il va de plus en plus loin, il n’a plus un rhume et découvre le bonheur… Le vélo est une activité vraie, une côte doit se grimper, une distance ne se raccourcit pas, un déplacement prend du temps. Il redécouvre l’humanité, tout simplement, et la liberté qui va avec : je pars quand je veux, je vais où je veux. Il a aussi retrouvé le vrai prix de l’effort.

S’il pouvait faire que les autres humains soient aussi heureux que lui il aurait fait œuvre utile, se dit-il. Il fait des recherches, tombe sur ce blog, fait des rencontres.

Il quitte son dernier employeur en décembre dernier grâce à une rupture conventionelle qui lui donne quelques mois de visibilité financière.

Faire quelquechose de réellement utile ...
Quelques mois de visibilité financière, mais pas beaucoup plus. Guillaume a une idée très forte pour aider la société française à renouer vraiment avec le vélo. Cette idée, évidemment, il lui faut en vérifier la validité. C’est de là qu’est apparu le besoin de l’enquête QualiCycle qui a fait pas mal parler d’elle lors de son lancement. Cette enquête, totalement anonyme faut-il le rappeler (il n’a même pas les adresses internet puisqu’on répond directement sur le site) a pour premier objectif de dresser un état de l’opinion des non-cyclistes et des cyclistes. Au rytme où ça va (déjà presque 1500 questionnaires renseignés !), il ne faudra pas attendre longtemps pour qu’elle soit pertinente. Quels qu’en soient les enseignements, ils seront rendus publics, et l’aventure commencera. Ou pas.

Sachons attendre, mais souhaitons-lui bonne chance : un professionnel de son calibre ne peut qu’enrichir toutes les actions déjà menées.

 

***

Répartition géographique des premières réponses

burel

Les réponses viennent de toute la France métropolitaine, et l'Ile-de-France représente moins du quart des réponses, ce qui est satisfaisant; Rhône-Alpes, Midi-Pyrénées, Pays-de-Loire, Bretagne et Franche-Comté sont bien représentées.

*

 Evolution du nombre de réponses

burel

Ces réponses souffrent d'un biais : les utilisateurs réguliers représentent 61% des répondants, contre 39% d'utilisateurs occasionnels ou de non-utilisateurs. Il est donc maintenant essentiel de recueillir uniquement des réponses de non cyclistes. Merci à ceux qui feront remplir le questionnaire à leurs relations les plus sceptiques sur l'utilité du vélo, ou du moins pas cyclistes. Il n'y en a plus que 5 ou 600 à trouver dans toute la France (métropole) ! 

L’enquête sera close lorsque 2000 questionnaires environ auront été retournés, ce qui pourrait arriver vers la fin du mois de mai. Le dépouillement et l’exploitation pourraient alors être prêts pour la fin de l’année.

 *

 

Qui entoure Guillaume Burel dans cette première étape ?
G. Burel ne prétend pas tout savoir et avoir toutes les solutions. Outre quelques contacts de « sachants » rencontrés de fil en aiguille et dont l’accueil fut favorable (Hans Kremers, Yves Bertin, moi, et quelques autres), et avant de rencontrer les présidents des diverses associations, il a réunit une équipe de professionnels qui travaillent bénévolement à la définitition du projet : consultant financier, statisticien, écologue, chef d’entreprise … tout ce beau monde s’est notamment retrouvé en un comité de prospective, déjà deux fois réunit dans le quartier des Invalides à Paris. S’ils n’ont pas la notoriété ils ont l’expérience : ce sont tous de hauts responsables économiques. Ils sont bien placés pour mesurer le prix des malheurs qui nous frappent.

 

(*) D’où son intérêt pour les belles chaussures, qui durent 15 fois plus longtemps qu’une paire ordinaire en coûtant seulement deux fois plus. G. Burel n’est pas assez riche pour acheter de la camelote, dit-il en riant. Moi je parie qu’il va bientôt rêver sur nos belles selles … en cuir !

 

Les commentaires sont fermés.

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu