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samedi, 24 mars 2012

A vélo à Madagascar

duquesnois2.jpgEncore un voyage aux colonies. Oui, cette fois-ci dans « Notre colonie de Madagascar », et pour raison de service.
Voici un assez gros bouquin qui relate la traversée à vélo, finie en bateau, du nord de l’île, de Tamatave à Majuaga. Un portrait de l’île au début du 20° siècle, une illustration de plus de la bonne conscience du colon.



 


Pour eux, coloniser est une nécessité qui ne supporte pas d’hésitation, cela est tout simpement dans l’ordre des choses. Les « indigènes » ne sont pas haïs ni même consciemment méprisés, ils sont seulement considérés comme de grands enfants naïfs, ou primitifs…   Le racisme suinte de partout, mais il tellement évident qu’il n’est même pas agressif. Les Comoriens sont des parasites, alors que les « Hindous » sont tellement riches de qualités qu’ils mériteraient d’être classés dans « la race blanche ». Le « Nègre » fornique et « nos bons Malgaches s’amusent ». C'était ça, la France.

On trouve dans ce livre un abus des mots « peuple » et « race », évidemment, un vocabulaire absolument insuportable si on s'y arrête, mais aussi quelques prudences, car rien n'est jamais univoque. Entre « la rosserie primitive des indigènes et les appétits souvent trop brutalement dessinés des colons », il y a parfois place à la noble attitude de « ce prétendu sauvage qui proteste contre l’épithète de sauvage dont nous gratifions trop facilement, nous autres Européens, les peuples lointains que nous subjugons au nom d’une hypocrite civilisation qui cache à peine nos convoitises. »

N’empêche que nous apprenons assez tôt dans le voyage qu’une « journée indigène » se paye 1 F par jour (+ le riz, je crois mais cela n'est pas clair), et qu’un litre de lait coûte entre 1 et 1,10 francs. Je ne suis pas sûre que l’auteur ait fait le rapprochement, lui qui non seulement relate un voyage, mais aussi ébauche un guide pour la mise en valeur de la colonie.

Philippe Orgebin, dans son introduction, en appelle à notre réflexion sur les migrants d'aujourd'hui, qui, par bien des traits, sont préfigurés par certains de ces colons ayant quitté la France "espérant échapper aux misères" et qui  "demandent à l'auteur de la saluer (la patrie) pour eux quand il sera de retour. Nul ne quitte sa patrie de gaité de coeur..."

 

Ceux qui connaissent un peu Madagascar verront s’ils y retrouvent cette île "à laquelle il manque mille ans", une terre en genèse, une île étrange, "un drôle de pays que l’on ne peut aimer et qui attire tout de même", "une terre qui n’est pas finie, qui se transforme sans cesse". Reconnaîtront-ils la vivante et prometteuse Majunga, les villages royaux des anciens roitelets de l’Emyrne, et l’ancien palais de la « reinette » Ranavalo-Manjaka… Est-ce qu'on s'y transporte toujours en filanzane ?

 

Un livre agréable à lire, instructif pour la description du pays, notamment ses climats, ses sols, ses paysages et ses agglomérations en 1900, son histoire récente, ainsi que pour se rendre compte de l’esprit colonial qui régnait chez les Français, esprit dont sans doute peu de mes lecteurs ont encore conscience. Je fais un seul reproche, et il s'adresse à l’éditeur, il ne sait toujours pas ce qu’est une carte digne de ce nom.

 

Louis Duquénois. Eté 1901 : aventures d’un cycliste à Madagascar.
Artisans-Voyageurs éditeurs, octobre 2011. 19 €

 

Figurines, en lien avec le livre, en exclusivité pour Artisans-voyageursDiorama.jpg

- Diorama du héros en métal peint dans une boîte-décor, réalisé près de Saumur. 29 €
- Deux cyclistes en tandem, 23 €
- Cyclotouriste et ses lourdes sacoches, 18 €


 

 

01:06 Publié dans Publications | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : livre

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