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jeudi, 22 mars 2012

Vélo-écoles : des origines à nos jours

Alors que la vélo-école de Montreuil, près de Paris, recevait le premier Grand Prix des Talents du vélo, le 7 octobre dernier, les créateurs de la première vélo-école de Paris ont souhaité rappeler leur action *, et raconter comment c’est à Montreuil que furent inventées des méthodes … autrement meilleures que les leurs !


Chantal Auré (association Réseau vert) et Laurent Lopez (association MDB) rappellent d’abord que c’est en 1996 qu’est élaboré le 1erplan vélo de Paris, qu’il était bien et que le maire était Jean Tibéri. Plusieurs associatifs pensent alors que les nouveaux cyclistes risquent d’être effrayés par la circulation parisienne, et qu’ils ont donc besoin de conseils.

Mais coup de théâtre, les demandes affluent, non pour apprendre à se débrouiller en ville, mais simplement pour … apprendre à monter à vélo.

L’incrédulité a fait place à un intérêt tout juste poli, nous expliquent-ils. Au Réseau Vert, on renvoie les débutants au MDB, et, au MDB, il est arrivé que l’on conseille à ces débutants sortis d’on ne savait où d’essayer de se lancer seuls ou aidés d’un parent.

Une demande inédite, des réponses à inventer
Alors que le cours d’initiation Réseau Vert-MDB s’essouffle, Laurent commence à réfléchir à une méthode d’apprentissage du vélo destinée aux adultes vrais débutants, d’autant qu’il est confronté en même temps à une demande similaire émanant d’un proche. Il essaie d’élaborer une méthode d’apprentissage ressemblant à celle utilisée dans le domaine de l’automobile et qui fait appel à la double commande. Les futurs élèves commenceront donc sur un tandem, derrière le moniteur. Puis, comme son père l’avait fait pour lui, il tiendrait les novices par la selle jusqu’à ce qu’ils trouvent leur équilibre… Lourde tâche et gros efforts pour son dos !

Une méthode qui tient du miracle
Les cours pour adultes démarrent au printemps 1997, c’est l’ère du bricolage. Les élèves ont rendez-vous devant un vélociste qui garde les tandems pendant la semaine. Départ pour un tour de tandem dans Paris. L’objectif est de faire sentir au novice ce qu’est l’équilibre, de lui montrer le démarrage avec une pédale d’appui, de lui faire sentir le maintien du dos qui doit rester droit, telle la quille d’un bateau. Puis c’est le départ en voiture (si, si !), vélo sur le toit, pour le parc de la Villette où, sur une pelouse, à l’écart des regards indiscrets, Laurent court derrière le débutant jusqu’à ce que le miracle se produise, jusqu’à ce que l’équilibre arrive.

Des demandes sont faites auprès de la direction du parc de la Villette et de la Mairie de Paris pour officialiser cette activité et pour trouver un lieu moins exposé aux regards et aux intempéries… sans succès.

Cinq ans à courir comme un damné
Les candidats à l’apprentissage du vélo sont de plus en plus nombreux. La permanence téléphonique du MDB est quelque peu débordée et une liste d’attente est constituée. Difficile de gérer l’attente quand on ne sait pas combien de temps il faudra aux débutants pour trouver l’équilibre et que ce sont des cours individuels. Certains des élèves s’accrochent, poursuivent l’apprentissage chez eux et finissent par devenir de vrais cyclistes. D’autres se découragent et abandonnent.

En juin 1999, la première Randonnée des débutants est organisée. Douze ex-grands débutants y participent encadrés par des militants du MDB et des cyclistes de la Brigade verte de la Ville de Paris. Médiatisée, cette balade, qui propose de rallier le parc de la Bergère via la piste cyclable du canal de l’Ourcq pour un pique-nique convivial, attire de nouveaux candidats… pour les cours. Cette expérience sera renouvelée deux années de suite.

Chez le vélociste, les affaires marchent moins bien, le magasin finira par baisser définitivement le rideau en 2003. Dès 2001 il faut se réorganiser, trouver un autre partenaire pour les vélos et un autre lieu pour l’apprentissage.

Enfin une autre méthode, et le dos de Laurent est sauvé.
Entre-temps François Fatoux, de l’association Vivre à Vélo en Ville, a lancé une vélo-école à Montreuil. Laurent et François confrontent leurs expériences d’« enseignants ». À Montreuil, pas de démarrage sur un tandem et surtout, François ne tient pas les débutants par la selle mais leur donne un vélo de petite taille pour qu’ils aient le centre de gravité le plus bas possible. L’apprentissage est abordé par étapes bien dissociées. C’est d’abord la recherche de l’équilibre en poussant sur les pieds, puis l’utilisation des pédales et enfin la maîtrise du vélo sur des tracés de plus en plus complexes. Le dos de Laurent ne remerciera jamais assez François de ce sauvetage in extremis !!!

En 2003 Laurent ouvre un hôtel près de la place de la République, dont toute la décoration parle de vélo et où l’on prête un vélo aux clients. Au nom d'origine on a ajouté "le pariVélo".  C’est une autre façon de s’impliquer en faveur de ce mode de locomotion. La vélo-école, quant à elle, meurt de sa belle mort faute de repreneur.

 

Aujourd’hui « Les vélo-écoles sont en voie d'institutionnalisation. Et malgré la progression des réseaux cyclables urbains, un double besoin subsiste : l’apprentissage de la pratique du vélo et l'apprentissage de la conduite en ville ou comment vaincre sa peur pour se lancer dans le flot de la circulation.» concluent-ils, avec quasi les mêmes mots que ceux de François Fatoux recevant son prix. Puissent les pouvoirs publics en prendre conscience.

 

A partir d’un texte fourni, de quelques questions
et de ce qu'Isabelle connaît.



L' AICV, logé dans une voute de la Petite-ceinture à Paris 19°, riverain du canal, pratique l'ensemble de ces activités : apprentissage du vélo, apprentissage de la conduite du vélo, apprentissage de la mécanique du vélo pour amateur. Elle a été créée par Joël Sick, un ancien du MDB lui aussi. En outre, location de vélos, animations scolaires, balades urbaines, etc. Elle a failli perdre son local...

* On comprend leur réaction. Pour un précurseur il n'est jamais agréable de voir oublié ce qu'on a fait de novateur, qui fut souvent difficile, "surtout à l'époque" et même si ça paraît banal aujourd'hui.

Commentaires

Bonjour Isabelle,
Puisque tu as lu notre texte, tu auras probablement remarqué, qu'en plus de rappeler le plan vélo de Jean Tiberi, les auteurs décrivent une première période de vélo école qui démarre en 1996 et se poursuivra pendant un an et demi. Avant de "s'essouffler" ce cours d'initiation à commencé par exister. C'est d'ailleurs ce qui motive que j'ai co-écrit cet article avec Laurent Lopez, puisque les "plusieurs associatifs" que tu mentionnes ne sont autres que Laurent et moi.
Je souhaite aussi faire un petit rectificatif au sujet du plan vélo. Nous ne disons pas "qu'il était bien", mais que c'était le premier digne de ce nom. La nuance est de taille, nous ne nous attardons pas dans l'article sur la sueur qu'il nous a coûté, à nous associatifs.
Comme tu le dis si bien : "On comprend leur réaction. Pour un précurseur il n'est jamais agréable de voir oublié ce qu'on a fait de novateur, qui fut souvent difficile, "surtout à l'époque" et même si ça paraît banal aujourd'hui."
Cordialement

Écrit par : Chantal Auré | jeudi, 22 mars 2012

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