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vendredi, 08 avril 2011

Ne pas décourager les prédisposés au vélo

afficheCVTC.jpgCOMMENT LE VÉLO PREND SA PLACE ?

Journée technique parisienne et annuelle du Club-des-villes-et-territoires-cyclables, mercredi 6 avril 2011

Ce fut joyeux, nous étions nombreux, mais personne ne semble avoir été capable de prendre en note. Alors on compte sur moi, m’a-t-on dit … Vous êtes marrants …

Il faut dire que le thème de l’insertion du vélo dans les SCOT, PLU, PDU, c’est du technique. Si on y ajoute l’article 57 du Grenelle 2 (obligation de garages à vélos, à partir de janvier 2012 dans le neuf), et les 17 et 13 … on aura au moins compris que le vélo ce n’est pas vraiment une question de moyens financiers.

LES COMMUNICATIONS SONT EN LIGNE (14 avril), mais pas toujours complètes ...


-- Ne pas décourager les prédisposés au report modal ----------------

Une enquête menée par l’EPFL (Lausanne) montre que l’image du vélo est favorable pour 63 % des sondés français, et que les 2/3 des déplacements en auto font moins de 3 km. C’est clairement un contexte favorable au vélo, qu’on est encore capable de décourager.

Dit autrement c’est pareil : il y a un très fort potentiel de réduction de l’usage de l’auto, le prix du baril va y aider, mais de toutes façons, le vélo à la place de l’auto c’est de l’argent gagné. D'ailleurs, le club indique que les ventes de vélos utilitaires représentent 27% du marché global du cycle en 2010, contre 17% en 2000. Avec les vélos à assistance électrique leur ventes ont progressé de 2,5% entre 2009 et 2010 (source : Observatoire du Cycle/CNPC chiffres 2010).

La conclusion de Alain Jund (Strasbourg) comme de Yan Le Gal (Nantes) c’est qu’il faut imposer le vélo dans les documents d’urbanisme. Parce que ça va comme ça. Cela fait 30 ans que le vélo ne décolle pas, alors qu’on a toutes les lois pour ça. Déjà en 1981, la LOTI … ça va, on change de braquet. Après tant d'années de vie professionnelle, on voudrait bien qu'enfin ça se décoince, car on ne peut plus attendre, dit en substance Y. Le Gal.

 

-- Le vélo est-il une affaire de foncier ?----------------------------------

Caroline Gerber, la fille de Jean (le célèbre militant strasbourgeois), urbaniste, direcrice de l’ADEF (association des études foncières) nous a expliqué, avec humour et spontanéité, que la vraie question, c’est celle de l’espace, et de sa valeur. La valeur économique de l’immobilier parle de notre société. La voiture dévalorise le foncier, la proximité des grands axes bruyants fait chuter les prix. Le pays du foncier c’est les Pays-Bas, c’est aussi le pays du vélo. Vous suivez ? Je crois qu’elle a dit que le sol n’y était pas une rente foncière, qu’il restait propriété de l’état. On le loue pour 99 ans, mais on ne le transmet pas. Moyennant quoi les prix du logement sont inférieurs de moitié, et les centre-villes sont peuplés.

Pour Alain Jund aussi, le vélo est une affaire d’espace : il faut afficher le vélo dans l’espace.

-- Le vélo est aussi une question d’argent - pour les citoyens--------

C’est aussi une question d’argent, car le vélo c’est du pouvoir d’achat. Donc il est nécessaire que le vélo soit valorisé, afin que la valorisation sociale ne passe plus par ce truc bien trop cher qu’est l’auto.
Une étude de l’UNAF (Union nationale des associations familiales), co-finacée par monsieur Vélo, montre que l’utilisation du vélo pour une famille de 4 personnes, c’est 1000 € d’économies par mois.
Un étudiant sans auto : 60 euros de carburant économisés chaque mois.
La possibilité d’utiliser ou non un vélo change beaucoup de choses…

 

-- L’excuse de l’argent n’est pas recevable - de la part des autorités--

En tout cas Yan Le Gal rajoute : le vélo ce n’est certainement pas une question d’argent. Obliger, prescrire, modérer les vitesses, ça ne nuit à personne, surtout si on arrête de faire du plaqué-or. N’hésitons pas à poser des barrières qu’on déplacera, des pots de fleurs … mais obtenons DE LA TRANQUILLITÉ, car c’est vraiment de ça qu’ont besoin piétons et cyclistes. La progression du vélo reste plus rapide dans les têtes que dans les pratiques, dit JM Darmian. Le passage du dire au faire est encore délicat chez les décideurs et chez les aménageurs ...

Les double-sens cyclistes, c’est vraiment le truc le moins cher et le plus utile qu’on ait jamais inventé, ajoute Benoît Hiron, du CERTU. Un panneau ? 30 € ; un picto au sol ? 15 € ; une flèche au sol ? 15 € etc. Alain Jund : l’aménagement le moins cher de tous, c’est celui du vélo. Le double-sens c’est aussi le bête rétablissement de la normalité, dit Hubert Peigné.

Les zones 30, itou : A Sceaux, au sud de Paris, toute la ville est à 30, sauf la voirie départementale. Coûts : 40 000 € de signalisation verticale obligatoire, et 60 000 € de peinture.

Strasbourg : 500 € par entrée de zone 30.

Créon-sur-Roger-Lapébie : une décision vraiment pas chère du tout, c’est arrêter le ramassage scolaire. Ca oblige les enfants à se bouger. Un peu de pédibus, mais pas trop longtemps, les gosses ont besoin d’autonomie. Par contre un peu de surveillance, un peu partout, c’est-à-dire quelques personnes.

Autre économie facile : pas de subvention aux voyages scolaires à vélo s’ils ne partent pas de Créon. On ne va pas subventionner un mauvais bilan carbonne, quand même. Couper l’électricité sur les grands axes à partir de l’heure du coucher, ça évitera les accidents, et le gaspillage.

Et une mesure de prévention : après repérage, toutes les porosités potentielles, espaces entre deux maisons, bouts de jardin, sentier oublié, bord de rivière … sont sous le coup d’un droit de préemption. Quelques mètres de largeur pour des raccourcis nombreux et partout. Ça c’est quand même du foncier, ou de l’espace.

Pas de feux ! dit Yan Le Gal. La possibilité de "tourner à droite aux feux" va légitimer les feux, alors qu'il faut au contraire les retirer. Ce qu'il fait partout.

 

Si on veut vraiment atteindre 20% de part modale, il faut changer d’échelle et arrêter de faire du luxe ! Il va falloir penser continuités, il faut que le citoyens ait confiance dans l’itinéraire, selon les mots de H. Peigné.

-- Penser large------------------------------------------------------------

L’échelle de conception, ce n’est certainement plus la commune, mais au moins le bassin de vie ou l’intercommunalité ; c’est 20 minutes autour des bourgs, 4 ou 5 km (pour un cycliste bien tranquille), lance Yan Le Gal.

Benoît Hirson continue : pour qu’une règle soit respectée, il faut qu’elle soit respectable. Mieux vaut ne pas mentir avec des fausses zones 30, à coups de simples panneaux. Mais visons grand tout de suite, ajoute Yan Le Gal. Dans la nouvelle règle des zones 30, il n’y a plus l’obligation d’aménager les entrées, s’il n’y a pas nécessité. Un carrefour en T, aux coins bien durs, est en lui-même un élément de seuil. Mais quartiers entiers par communes entières, insiste Yan Le Gal.

Il faut optimiser l’usage des budgets, pas les augmenter !

--Ne pas oublier les services--------------------------------------------

Dans l’ordre, selon Alain Jund :

  1. Arceaux, garer plus facilement son vélo qu’une voiture
  2. Stationnement sécurisé, à tous les établissements recevant du public
  3. Nouvelles constructions, augmenter les places de vélo, baisser celles pour auto
  4. Gares et stations, stationnement de qualité pour ceux qui viennent de loin
  5. Parkings à vélos gratuits dans les parkings autos
  6. Stationnement dans les quartiers d’habitat social. Avec Hubert Peigné, ils ont engagé une réflexion avec les HLM nationaux ; c’est leur intérêt : le vélo solvabilise les locataires.
  7. Stationnement dans ou près de l’habitat ancien de centre-ville.

 

Sur ces questions, voir les fiches 13 à 22 sur le site de Monsieur vélo. Des groupes de travail sont à l’œuvre, les articles cités plus haut de la loi du Grenelle 2 sont utiles, et verront leur pleine efficacité en janvier 2015 pour les locaux anciens, qui devront rattraper leur retard. L’ANRU commence à introduire mobilité et vélo dans ses conventions. C’est leur intérêt, aux sociétés de logement social ! Moins d’impayés sont à la clé !

 

--Mais alors, pourquoi ça n’avance pas ?--------------------------------

Hum … parce que plus on est haut dans la hiérarchie plus on a une auto, et qu’alors on connaît moins les autres façons de voir. De plus, dit B. Hirson (c’est lui, lui !) les bureaux d’étude bien souvent ne savent pas grand-chose, et on le tolère. (tiens ? on l'a dit début mars sur Isabelle et le vélo, dans la deuxième partie de la note). Mais au moins leurs futures jeunes recrues auront-elles utilisé des VLS pendant leurs études.

 

--Conclusions---------------------------------------------------------------

Et Jean-Marie Darmian de conclure sur le fait que la disparition de la taxe professionnelle avait pour risque qu’on reparte dans l’étalement urbain. La vraie question du 21° siècle, c’est la question du foncier, de la disposition de l’espace ! Mais franchement, ceci est un raisonnement que je n'ai pas non plus réussi à noter ...

Enfin, conclue-t-il, si M. Sarkozy soutient l’anniversaire des 150 ans du vélo (voir au milieu et en bas de l'agenda),  il ne peut qu’aller de l’avant ! Tout le monde a compris !

 

-- Mais moi, je n’ai pas tout noté … ni fait de recherches pour écrire ce billet, pour compléter mes notes, ni pour comprendre ce qui m'avait échappé. Vous êtes marrants ...  Attendons donc les notes des uns et des autres, et les communications. Elles seront rapidement, nous a-t-on assuré, sur le site du club. Et un résumé bien rédigé dans le prochain journal. Ça ira mieux !

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