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mardi, 15 février 2011

Recensement : toujours pas de vélo

La FUB proteste, parce que, une fois de plus, l’amalgame est fait
entre les deux roues motorisés et le vélo dans le recensement 2011.

-- Vous allez voir que bientôt ce sera la faute des communes ...


"En effet, le cycliste quotidien ne pourra que rester dubitatif devant les choix qui s’offrent à lui dans la question sur le "mode de transport principal" pour se rendre au travail", ajoute la FUB. (En réalité la plupart ne se méfiera pas. C'est le statisticien qui, lui, ne devrait savoir que faire.)

Mais comme c'est VeloBuc qui a tiré la sonnette d'alarme, allons à la source.

Les choix sont (une copie de cette partie du questionnaire est sur le site) :

Pas de transport;
Marche à pied;
Deux-roues;
Voiture;
Transports en commun.

L'effet Vélb' n'a sans doute pas encore atteint la vénérable institution, dont le siège, pourtant, se trouve à cheval sur Paris 15° et Malakoff, deux localités qui ne sont pas hors d'atteinte de ces engins... Ces gros vélos ont déridé de très nombreux responsables dans toute la France ... mais pas encore la Science ! C'est beau de résister aux effets de la mode !!!

 

Connaître les distances pour orienter l'action

VeloBuc cite ensuite le mode d'emploi, qui explique que les réponses sur l'adresse et le lieu de travail permettront d'en connaître les distances et donc de "mieux déterminer les moyens de transport à développer". Pour savoir ce qu'il faut développer il est en effet fort utile de connaître les distances. Mais il serait aussi particulièrement utile de savoir où on en est quant aux usages (pourquoi encourager le vélo s'il est déjà bien pratiqué ?).

Ceci dit, pas d'angélisme : il ne suffit manifestement pas d'avoir les renseignements pour agir. On sait déjà que les distances connues sont très pertinentes pour le vélo (voir ma note Les Français ne vont pas loin, 12 décembre 2010), pourtant il ne semble pas que le vélo bénéficie d'actions bien offensives.

 

Recenser les modes de déplacement

Les deux-roues motorisés représentent 1 % de part modale en France, c'est-à-dire encore moins que le vélo (VeloBuc, article très complet sur le rapport entre nombre sur la route et accidents), qui, lui, dépasse un peu 1%, mais atteint 6% dans certains endroits, et même presque 10% dans certains centre-villes. Il est d'environ 2% à Paris.

Alors, soit on ne compte que certains modes, par exemple ceux qui sont présents en grand nombre, soit on les compte tous. Logiquement on pourrait enlever tous le deux-roues.
Soit on regroupe ce qui peut être regroupé, soit on isole.

Si on tient à regrouper, marche à pied et vélo ont des caractéristiques communes plus fortes que moto et vélo. Moto et auto-solo ont des caractéristiques communes fortes, sauf pour les accidents, qui sont bien supérieurs en moto. On aurait pu aussi regrouper vélo et "autres modes mécaniques non-motorisés" pour tenir compte des patinettes et rollers.

La notion de "mode principal" pose aussi problème, car pour celui qui va à la gare à vélo, le mode majeur sera le train. Avec ça on ne saura jamais qu'il utilise un vélo deux fois par jour. Peut-être faudrait-il faire un regroupement en plus, qui serait "vélo ou marche +train" pour tous ceux dont la partie "à la force musculaire" est importante dans ce couple ?

 

Orienter l'action

Soit on tient compte des résultats pour prendre des décisions (distances et adéquation ou non des modes utilisés), soit on "suit" les habitudes.
Les dirigeants sont-ils en charge de prévoir, voir loin, orienter pour le mieux, ou de "suivre" ?

 

VeloBuc conclue son article très complet par ces mots :

"Autrement dit, ce questionnaire est inapte, périmé par rapport aux défis que posent les transports et déplacements de demain, par rapport à la mobilité multi-modale actuelle et future de la société française."

 

-- Mais MDB informe, par courriel, du fait que désormais les communes peuvent, dans certaines conditions, ajouter un questionnaire local. Les demandes sont instruites par le Conseil national de l'information statistique - CNIS.  On l'a su grâce à  "une réponse à une question écrite d'une député de Côtes-d'Armor se plaignant qu'il n'y ait pas de question sur les langues régionales à l'occasion du recensement", précise l'association.

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