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dimanche, 15 août 2010

Un livre sur les "transports"

COUV_transports.jpgLes TRANSPORTS, la planète et le citoyen

En finir avec la galère, découvrir la mobilité durable.

Ludovic Bu, Marc Fontanès, Olivier Razemon

189 pages bien aérées. 12 €

Ed. Rue de l’échiquier, au 40, Paris 10°


Chic, un petit livre qui va nous expliquer que pour fuir la galère mieux vaut enfourcher un vélo, comme semble le dire le VTTiste de la couverture.

J’ai vu le livre, je l’ai même lu. Facile à lire, agréablement mis en pages, pas de tableaux ni de graphes, pas de dessins ni de photos, mais des titres éloquents et des anecdotes.

Pas mal, pas mal, et matières à réflexions. Quelques exemples :

 

-- « A chaque niveau de décision sont nommés « responsables des transports » des gens qui n’y connaissent pas grand-chose, mais qui ont un jour effectué un bon ou mauvais voyage». Dans ce domaine, chacun croit s’y connaître. Il y a en France 65 millions de ministres des Transports, comme il y a 65 millions de sélectionneurs de football.

 

-- La voiture reste dominante dans les têtes. Les ministres ont évidemment chauffeur et auto, et sont à 99% des hommes, et dans les colloques, même traitant d’environnement, tous ceux qui sont à l’heure doivent attendre et excuser les retardataires pris dans les embouteillages.

 

Des contradictions dans les politiques, limiter la voiture mais se féliciter des places de parking gratuites au mois d’août, chercher à faire de nouveaux parkings alors qu’il y a déjà plus de places que d’autos (Paris, p. 55), créer la prime à la casse pour soutenir une industrie moribonde tout en votant la loi Grenelle, alors que les mêmes sommes auraient pu aller aussi bien à l’isolation thermique ou aux process industriels …

Le covoiturage est qualifié de « cache-sexe » (p. 79) et la voiture électrique de « sale ». Elle n’a d’ailleurs pas d’avenir. P. 83 et suivantes : En France, au premier trimestre 2008, on a immatriculé 1,38 millions d'autos, dont … 4 voitures à propulsion électrique !!! Le remplacement du parc auto obligerait à augmenter de 50% la production d’électricité…

Quant à Autolib’ on lui souhaite bonne chance : comment va se faire le rééquilibrage des stations ? … De plus, encore une contradiction, dans une ville où la moitié des foyers n’a pas d’auto « leur fournir une auto trop facile à utiliser n’est sans doute pas le meilleur moyen de les convaincre de s’en passer. » (p. 90)

Des privilèges inconscients des automobilistes : «Il est 4 à 5 fois moins cher de stocker une voiture que d’autres objets de même volume» (p. 144)

 

-- Sur les « Transports » eux-mêmes, des réflexions sur les découpages administratifs et sur les autorités organisatrices, véritables clients des sociétés d’exploitation, les simples clients devenant des « usagers » qui aimeraient bien pourtant bénéficier de vrais services.

La gratuité est passée en revue, elle intéresse ceux qui n’avaient pas l’idée de se déplacer mais ne décourage pas les automobilistes, etc ;

-- Sur la vitesse et la bougeotte, avec des suggestions concernant la fiscalité, des remarques sur le fait que si les entreprises payent fort cher pour les transports, et parfois de façon tout à fait injuste, elles ne payent rien pour compenser les conséquences de leurs actes, par exemple le déménagement du siège, aux conséquences connues sur l’ampleur des déplacements (et parfois bon moyen de dégraisser en douce) : p. 144.

Sur le vélo, pp. 120 et suivantes, les auteurs étant trois hommes assez jeunes, ils n’ont pas mesuré l’apport énorme des aménagements parisiens de l’époque Tibéri. Mais leur rappel de l’histoire du code de la route (p. 127) sonne juste, tout comme l’idée de mettre en œuvre des études de « marchabilité » des quartiers (p. 131). Et même si le vélo tend dans leur livre à être surtout en libre-service ou à assistance électrique… et même si quelques types d’aménagements urbains sont évoqués (p. 126). Ceci dit, j’aime bien l’introduction de la p. 120, comparant les pistes cyclables à « des routes secondaires zigzaguant sur des autoroutes » (citation du journal Le Temps).

-- Un chapitre bien venu sur la mobilité des "exclus" et les moyens d'y remédier. Là le vélo a sa place, surtout chez les femmes, précisent-ils, aux côtés du scooter et d'autres, mais pas sans apprentissage de compétences générales telles que vaincre la peur de l'inconnu et comprendre l'espace.

 

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Alors finalement ? Le vélo de la couverture signifie, comme partout, « vertueux ». Tant pis si vous avez cru trouver un bouquin qui honore le vélo, le mettant à sa place légitime dans la « mobilité durable » et expliquant quoi et pourquoi. Il en parle un peu, je n'ai rien dit d'autre, mais vous avez surtout un bouquin qui vous donne à réfléchir et qui suggère pas mal de solutions diverses. Et entre les pages, vous aurez des idées sur des actions menées par les organismes des auteurs … C’ aurait été difficile de ne pas le faire, et même incohérent, alors on pardonne... Ludovic Bu et Marc Fontanès sont collègues, Olivier Razemon est journaliste au Monde.

> Un petit bouquin parfait pour l’été ! Il aurait juste fallu que je l'aie plus tôt !

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-- Sur le même sujet, vous pouvez aussi lire "Bréviaire pour une vélorution tranquille", le livre de Nicolas Pressicaud

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03:15 Publié dans Publications | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : livre

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