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jeudi, 04 mars 2010

Le VLS ne fait pas une vraie politique du vélo

Louer des vélos participe à la promotion du déplacement à vélo, surtout s'ils se retrouvent en masse sur la chaussée. C'est ce qu'ont fait avec succès Tours, Lorient ou Bordeaux....

En subventionner l'achat est également très efficace, comme le montre l'action de Colmar, ou celle de Paris (mais cette dernière pour ... des vélos à assistance électrique).

Mettre des vélos en libre-service a un peu le même genre d'effet, pour un coût infiniment plus élevé et avec un système beaucoup moins durable. N'empêche que l'on doit pouvoir dire que l'industrie de l'affichage publicitaire a sauvé le vélo en le rendant "à la mode" ... (en réponse à ma note d'hier disant que l'industrie du vélo avait été sauvée par le vélo), à moins que cette "industrie" n'ait fait que sentir que l'ère du vélo était en train d'advenir ?


A Paris, en tout cas, les effets sont TRÈS EN-DEçA de ce qu'on imagine.

Marc Ambroise-Rendu, ancien journaliste "environnement" du journal Le Monde, rédacteur en chef de la revue Liaisons, le mensuel de l'association Ile-de-France environnement, m'a fait l'amitié de me demander un article sur le sujet.

La question était ainsi libellée : " Les conséquences de la multiplication des néovélocipédistes à Paris depuis  Velib."

M. Ambroise-Rendu s'inquiétait de certains comportements "au mépris du code de la rue", le cycliste étant qualifié par lui de "risque-tout (et parfois un asocial sillonnant les trottoirs)"...

DSCN1362.JPGMa "réserve" face à ces dispositifs étant réelle (et déjà évoquée sur ce blog : VLS/bande(s) de voleurs?) j'ai répondu plutôt par un article intitulé...  "Malgré Vélib’, les cyclistes n'ont pas encore gagné leur place en ville".

En effet, j'ai cherché à  montrer que :

- le Vélib a fait augmenter, certes, le nombre de vélos, mais qu'on est très loin d'un quelconque "envahissement" de la ville;
- l'agglomération parisienne a tous les atouts pour la massification du déplacement à vélo;
- mais que pour que cela devienne une réalité, tout reste à faire, et notamment profiter de l'effet Vélib pour créer les services indispensables au vélo ...

 

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Commentaires

Je suis cycliste urbain intensif depuis peu, auparavant j’étais motard (et à l'occasion automobiliste). Les remarques sur les nouveaux qui ne respectent rien (c’est bien connu, avant c’était mieux) ne sont pas spécifiques aux vélos. Un motard dirait la même chose des scooters etc….
Lorsqu’une pratique jusque là restreinte, et donc ritualisée, se démocratise, les nouveaux venus n’adoptent pas instantanément (voire pas du tout) les codes des anciens, c’est la vie.
On peut dire tout le mal que l’on veut de Vélib’, on aura forcément raison. Je crois que, cela dit, Decaux a au moins un mérite, celui d’avoir répandu l’idée qu’il est possible de croiser un vélo en ville.
J’avais fait du vélo en arrivant à Paris dans les années 80, à cette époque il fallait vraiment être suicidaire (ou obligé). Aujourd’hui les automobilistes ne sont plus surpris par les vélos et rien que pour ça, merci Vélib’.

Après, le concept même du Vélib’ est par essence destiné à disparaître. La location n’a de sens que pour essayer, ça se retrouve dans tous les autres domaines. Puisque c’est d'époque, prenons l'exemple du ski : si on veut y tâter on va en louer une paire en station, puis dès qu’on va devenir accro (si on le devient), on voudra avoir sa propre paire de ski. C’est normal.
En ce sens la prime aux vélos électriques est idiote (je pèse mes mots). Outre que sur un plan écologique elle est très discutable dans la mesure où les modèles d’entrée de gamme ont des batteries au plomb très polluantes et à la durée de vie courte (les Chinois commencent à découvrir le problème), elle génère une distribution d’opportunité (en ce moment l’argument de vente c’est .. la prime…).
L’argent consacré à cette prime aurait été mieux utilisé à nettoyer les pistes cyclables existantes, par exemple.
La réaction de l'ancien journaliste du Monde sur le cycliste « risque-tout asocial » est à la fois surprenante, étonnante, et convenue. Le cycliste est encore original et à ce titre visible, « pas pareil », bizarre.. avez-vous demandé à ce journaliste combien d’actes d’incivisme routier commis par des autos il « voit » par jour ? Je peux vous donner sa réponse... il aurait bredouillé, marmonné pour finir par un «je ne sais pas».
Pourquoi ? simple, parce qu’il est naturel de voir une voiture stationnée sur un passage clouté ou une piste cyclable, passer un feu rouge, ne pas s’arrêter au passage d’un piéton sur un passage clouté, ne pas respecter une priorité, ne pas mettre de clignotant, etc. (je ne suis pas en train de dire que «les autres» sont des méchants, j’ai moi-même eu ce comportement).
Le vélo en revanche c’est encore inhabituel, alors un vélo qui passe au rouge ça se voit beaucoup.
Tout ça fait que le cycliste est volontiers un «un asocial sillonnant les trottoirs» tandis que l’automobiliste n’est en aucun cas perçu comme « un asocial sillonnant les passages cloutés ».

Écrit par : Luc | jeudi, 04 mars 2010

Je suis toujours étonné par l'aveuglement enthousiaste sur les VLS. On en a oublié ce qu'était le vélo avant : une pratique qui était en cours de développement grâce à l'adaptation de l'industrie du cycle aux besoins de vélos pour la ville (pas que des VTT), de la prise de conscience des habitants, du changement de l'image du vélo, et de la mise en place de politiques publiques (inégales selon les villes).
Du coup quand je lis "'on doit pouvoir dire que l'industrie de l'affichage publicitaire a sauvé le vélo en le rendant "à la mode"', je me demande si on est face à un discours parisianiste ou si vous avez été voir ce qui se passe ailleurs. Strasbourg, Grenoble, ont une part modale importante sans VLS. Toute ville a vu depuis le début 2000 augmenter l'usage du vélo (qu'elle développe ou pas des services ou des infrastructures). A-t-on oublié si vite les années 2000 à 2006 ?
Le VLS est arrivé au bon moment pour des mairies en quête d'action à peu de frais. Aussi les chiffres parlent d'eux même. A Lyon, où le vélo augmentait déjà avant vélo'v, la part modale stagne depuis 2 ans.
Cela prouve qu'une politique ne peut reposer sur un seul service mais se doit d'être multiple.
Les journalistes sont aveuglés par les VLS. Espérons que les experts aient un regard plus visionnaire et voient la limite de cet outil et sa part minime dans le développement de l'usage du vélo.

Écrit par : SteveB | jeudi, 04 mars 2010

Je vous reprends : "Quand je lis "'on doit pouvoir dire que l'industrie de l'affichage publicitaire a sauvé le vélo en le rendant "à la mode"', je me demande si on est face à un discours parisianiste ou si vous avez été voir ce qui se passe ailleurs".
--> Vous avez raison, j'aurais dû écrire à peu près : "l'a rendu à la mode, et l'a réintroduit dans le discours." Malheureusement, en ce pays c'est Paris qui, presque toujours, fait la mode. Merci de votre remarque.

Écrit par : Isabelle L. | jeudi, 04 mars 2010

Le Vélib' doit son succès à la crainte du vol et du vandalisme sur les vélos.
En banalisant le vélo et en développant l'infrastructure cyclable dans les villes, il aura contribué à l'évolution des mentalités. Je suis donc pour le Vélib, pour sa valeur d'exemple dans les grandes villes.
En revanche, je suis contre son déploiement dans des villes moyennes (de banlieue parisienne par exemple) du fait de son coût extrêmement prohibitif pour la communauté (chaque Vélib coûterait 4000€/an à la collectivité !) pour un usage très réduit. Mieux vaudrait alors subventionner des moyens de stationnement sécurisés et standards pour les vélos du commerce.

Écrit par : Cédric | samedi, 20 mars 2010

Les commentaires sont fermés.

 
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